L'IA VAUT-ELLE VRAIMENT LA PEINE ?
- juillet 10, 2026
- 10:17 pm
Entre les insécurités, kidnapping, les trafics d’organes, la manipulation de masse, les exploitations et exportation illicite des ressources du pays… À ce stade, on pourrait se dire : « on s’en fout. » Mais pourquoi cette question, et en quoi elle est pertinente ? Tout est question d’éthique.
Pour éviter les déroutes, dans un monde où règne le capitalisme, une seule et unique question se pose :
qui tire profit ?
Les personnes derrière les IA génératives, à n’en citer qu’Open AI, Google GEMINI et Claude, sont quasiment anonyme. À premier vu, et à travers les interviews promotionnelles et publicité, ces outils se présentent à nous comme une prouesse scientifique de plus. Un pas de plus pour l’humanité. Un simple outil où tout dépend de l’usage.
Mais comment s’entraîne son algorithme ? Comment se nourrit sa base de données ? Quelles sont ses ressources, humaines, et énergétiques ? Vous êtes-vous déjà demandés ?
Les piles, les batteries, les pièces qui composent votre ordinateur, votre smartphone de dernier cri, le satroka betsileo devenu symbole de la révolution Gen Z à Madagascar, les fruits que vous trouvez dans les rayons de supermarchés… Le rapport ? La matière première : quand vous voyez un produit fini, pensez toujours matière première, au transport et à la main d’œuvre. L’amont de travail derrière et les risques pour l’environnement… Et quand le schéma de la chaîne de production est bien établi, posez vous la question : qui tire profit ?
Imaginez tout un building où se superposent plusieurs disques durs et serveurs informatiques pour traiter des données. Pour alimenter électriquement et refroidir ces disques, il faut bien plus que de l’air. Aux rapports des Nations Unies en 2025, les centres de données (datas centers) ont consommé 4.500 milliards de litres d’eau, soit suffisamment pour répondre aux besoins de plus de 600 millions de personnes en Afrique subsaharienne. À l’horizon 2030, ce chiffre pourrait grimper jusqu’à 9 milliards de m3 d’eau douce, soit l’équivalent des besoins annuels du 1,3 milliard de personnes qui vivent en Afrique subsaharienne. Et à côté, à elles seules, les vidéos génératives sont des crises environnementales émergentes.
Sans parler des conditions de travail des entraîneurs d’IA, dont la plupart travaillent depuis l’Afrique, de comment l’IA utilise et traitent les données de ses utilisateurs… Allez donc savoir. On a tous l’habitude de zapper les conditions d’utilisation quand on installe de nouvelles applications. Mais cette case cochée vaut notre signature. Et notre signature, est la preuve qu’on est d’accord avec tout ce qui y est stipulé. Si tout ces chiffres ne présagent rien de bon pour l’humanité, alors : qui tire profit ?
Pour la faire courte et revenir au fait : l’IA consomme de l’eau, beaucoup d’eau. Vraiment beaucoup d’eau. Faites rapport avec le changement climatique, puis imaginez l’IA reprendre la phrase iconique de Jean-Claude Van Damme : « J’adore l’eau. D’ici vingt ans, il n’y en aura plus. » Drôle en surface, mais triste dans le fond… Soufflait Gaël Faye dans Petit Pays…
Voici pourtant, rien n’est sans risques, et l’avancée technique a été et sera toujours en dualité avec le péril de l’environnement. Si l’IA est utilisé pour des recherches scientifiques dans un cadre strict à l’université, pour sauver des vies dans les hôpitaux… Ce sont des causes louables. À l’inverse, si on ne fait que se plaindre derrière les écrans de nos smartphone dernier cri, clopes au bec et en jetant nos ordures et mégots par terre. Et qu’on demande tout à une IA parce qu’on n’est même plus foutu de râler et réfléchir tout seul comme un grand, autant aller se faire foutre.
Avant de demander à ChatGPT, à Gemini, à Claude de modifier, générer une image ou texte pour une publication sur Facebook, des memes, des illustrations, des affiches, de générer des histoires à plusieurs épisodes parce qu’on n’est pas foutu de créer des contenus décents ; aller jusqu’à créer des pages avec des contenus full IA dans le but de générer des revenus, de générer des codes, de rédiger nos mails professionnels, nos mémoires de fin d’études, d’autant plus que l’IA est maintenant intégrée dans de plus en plus d’outils et applications, elles deviennent un peu une norme du marché ; précaunisé dans plusieurs emplois, légitimé par son efficacité, rapidité et productivité, avant de cliquer où que ce soit, posons-nous les vraies questions : qui tire profit ? Et est-ce que ça en vaut la peine ? Ou autant utiliser son cerveau ?
Tout est question d’éthique.
