TOUT EST POLITIQUE
Photo prise lors de la visite guidée de l'exposition "Tononkalo iray, firehana maro" à l'IKM Antsahavola

                Une simple discussion familiale à table, le soir, à l’heure du souper, sur les programmes de chacun le lendemain. Le schéma est presque universel : le père de famille se doit d’être autoritaire, il dirige la maison. La mère se doit d’être compréhensive car, en plus de gérer les économies, elle est la reine de l’échiquier ; et même si tout semble lui être permis, elle sait qu’il y a des lignes à ne pas franchir. Les frères et sœurs se partagent les tâches entre la vaisselle, le jardinage, les courses, nourrir le chat, avant de se chamailler pour la télécommande.

Ce même schéma se reproduit en dehors du foyer. Dès qu’on franchit le seuil de sa porte : le fokontany, la commune, la région, la province, le pays, jusqu’aux organisations internationales. Le même schéma à différentes échelles. Du partage des tâches à la hiérarchie pour une meilleure organisation : les villageois qui se réunissent pour élire leur chef, l’entreprise qui se donne une allure familiale : c’est de la politique.

Le problème ? Il se résume en un mot, quatre syllabes, et il est à la fois la solution, et on est trop intelligent pour le réaliser : l’éducation.

 

Oui, l’éducation civique a été intentionnellement abolie ; oui, il n’y a plus que les juristes qui s’y connaissent en droit. Et, à partir du moment où l’on frappe à notre porte, où l’on est interpellé dans la rue par ce qui semble être, de par leur uniforme, des représentants de l’ordre, et qu’ils nous demandent de les suivre, sans mandat, ni réquisition, ni ordre de mission officielle, on sait très bien que ce n’est pas normal. Mais on manque d’argument. Quand on réalisera, que la mort, a bien choisi son déguisement pour nous emporter, il sera forcément trop tard…

À côté, nous avons monsieur citoyen lambda, issue des chanceux 20 % alphabètes du pays, et qui a eu la veine d’être parmi les 6 % qui ont foulé l’université, sera contraint par l’école de la vie, d’abandonner son cursus, pour se concentrer sur sa carrière en secteur indépendant extériorisé. Persuadé par un environnement « sain », il sait qu’il est bon dans son métier. Et en 5 ans d’expériences, une femme et deux enfants, et des rêves mis sans cesse de côté, car on n’économise jamais assez, vu le nombre de vendredis qu’il y a au cours d’une année et les frustrations journalières accumulés chaque semaine, on se dit bien « merde » dans le vide, en sirotant sa bière. « Mes clients sont à l’étranger », « Ma carrière ne sera jamais impactée par les instabilités politiques du pays ». « Aux moindres cafouillages, je bascule en tété. » Sous le regard ébahi de son fils de 2 ans, il reprit « Télétravaille. Va jouer ! ». « La famille d’abord ». « La politique, ça ne m’intéresse pas. » « Mon ami, ce pays est sans espoir. » « Tu perds ton temps à aller te manifester. » Dans ces genres de dialogue, le silence, comme un motard qui enfile sa veste et ses gants, se noue avec sa détermination.

 

Une simple discussion familiale à table, le soir, à l’heure du souper, sur les programmes de chacun le lendemain. Le schéma est presque universel : le père de famille se doit d’être autoritaire, il dirige la maison. La mère se doit d’être compréhensive car, en plus de gérer les économies, elle est la reine de l’échiquier ; et même si tout semble lui être permis, elle sait qu’il y a des lignes à ne pas franchir. Les frères et sœurs se partagent les tâches entre la vaisselle, le jardinage, les courses, nourrir le chat, avant de se chamailler pour la télécommande.

Ce même schéma se reproduit en dehors du foyer. Dès qu’on franchit le seuil de sa porte : le fokontany, la commune, la région, la province, le pays, jusqu’aux organisations internationales. Le même schéma à différentes échelles. Du partage des tâches à la hiérarchie pour une meilleure organisation : les villageois qui se réunissent pour élire leur chef, l’entreprise qui se donne une allure familiale : c’est de la politique.

Le problème ? Il se résume en un mot, quatre syllabes, et il est à la fois la solution, et on est trop intelligent pour le réaliser : l’éducation.

 

Oui, l’éducation civique a été intentionnellement abolie ; oui, il n’y a plus que les juristes qui s’y connaissent en droit. Et, à partir du moment où l’on frappe à notre porte, où l’on est interpellé dans la rue par ce qui semble être, de par leur uniforme, des représentants de l’ordre, et qu’ils nous demandent de les suivre, sans mandat, ni réquisition, ni ordre de mission officielle, on sait très bien que ce n’est pas normal. Mais on manque d’argument. Quand on réalisera, que la mort, a bien choisi son déguisement pour nous emporter, il sera forcément trop tard…

À côté, nous avons monsieur citoyen lambda, issue des chanceux 20 % alphabètes du pays, et qui a eu la veine d’être parmi les 6 % qui ont foulé l’université, sera contraint par l’école de la vie, d’abandonner son cursus, pour se concentrer sur sa carrière en secteur indépendant extériorisé. Persuadé par un environnement « sain », il sait qu’il est bon dans son métier. Et en 5 ans d’expériences, une femme et deux enfants, et des rêves mis sans cesse de côté, car on n’économise jamais assez, vu le nombre de vendredis qu’il y a au cours d’une année et les frustrations journalières accumulés chaque semaine, on se dit bien « merde » dans le vide, en sirotant sa bière. « Mes clients sont à l’étranger », « Ma carrière ne sera jamais impactée par les instabilités politiques du pays ». « Aux moindres cafouillages, je bascule en tété. » Sous le regard ébahi de son fils de 2 ans, il reprit « Télétravaille. Va jouer ! ». « La famille d’abord ». « La politique, ça ne m’intéresse pas. » « Mon ami, ce pays est sans espoir. » « Tu perds ton temps à aller te manifester. » Dans ces genres de dialogue, le silence, comme un motard qui enfile sa veste et ses gants, se noue avec sa détermination.

 

D’un point de vue altruiste et avec son vécu, monsieur lambda, n’a pas totalement tord. Son monde, tourne au rythme des pas de ses enfants. Mais quand il réalisera, tout seul, que le monde de ces enfants, est un pays, et que ce pays est en train de couler, il se dira « merde » avec le même ton de prophète, en sirotant sa bière, le regard dans le vide, devant son fils, de 20 ans, marchant sur l’incertitude de l’avenir dans les bottes de son paternel, il sera forcément trop tard…

 

Le problème ? Il se résume en un mot, quatre syllabes, et il est à la fois la solution…

"Envoie cet article à 3 personnes de ton entourage." - Youssoupha... n'a jamais dis ça. Mais partage quand même.

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